Le taux AT/MP est le taux de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles, payé uniquement par l'employeur sur la masse salariale. Il est notifié chaque année sur votre compte AT/MP, sur net-entreprises.fr, et le taux net moyen national est de 2,08 % en 2026. Pour les entreprises de 20 salariés et plus, il dépend en tout ou partie de vos propres accidents : il se pilote.
Le taux AT/MP arrive chaque année sous la forme d'une notification que l'on range souvent sans la lire. C'est pourtant l'une des rares lignes de charges sociales sur lesquelles l'employeur a une prise directe. Si vous ne savez pas exactement où trouver votre taux AT/MP, ni pourquoi il a monté cette année, ce tutoriel est fait pour vous. Vous y trouverez les trois endroits où le consulter, le calcul du taux AT/MP selon votre effectif, ce que coûte réellement un sinistre dans votre cotisation, avec les coûts moyens 2026 fixés par arrêté, puis une méthode en cinq étapes pour faire baisser votre taux AT/MP. Un exemple chiffré montre pourquoi un seul arrêt long pèse plus que dix accidents bénins, et une dernière partie rappelle ce que la notification ne montre pas.
Le taux AT/MP finance la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Il s'applique à la masse salariale et reste entièrement à la charge de l'employeur : aucune part salariale ne vient l'alléger. AT désigne l'accident du travail, survenu par le fait ou à l'occasion du travail. MP désigne la maladie professionnelle, reconnue selon des tableaux ou après avis d'un comité régional.
Le taux net moyen national est de 2,08 % en 2026, contre 2,12 % en 2025. Cette moyenne cache de grands écarts : le taux varie fortement selon le secteur d'activité et, au-delà de 20 salariés, selon votre propre sinistralité. Deux entreprises voisines, de même taille et de même métier, peuvent donc payer des cotisations très différentes.
Trois sources, qui ne donnent pas le même niveau de détail :
Si votre entreprise compte plusieurs établissements, lisez le compte en entier, site par site : c'est souvent sur un site secondaire, moins suivi, que se cache le sinistre qui fait monter l'ensemble.
Le mode de calcul dépend d'abord de l'effectif de l'entreprise :
| Effectif | Tarification | Ce qui compte |
|---|---|---|
| Moins de 20 salariés | Collective | Le taux de votre secteur d'activité. Vos accidents ne le font pas varier. |
| 20 à 149 salariés | Mixte | Une part collective, une part individuelle qui augmente avec l'effectif. |
| 150 salariés et plus | Individuelle | Vos propres sinistres. |
En tarification individuelle, le taux brut rapporte le coût de vos sinistres à votre masse salariale, sur trois années connues (N-2, N-3 et N-4). Chaque sinistre n'est pas compté à son coût réel mais à un coût moyen forfaitaire, selon la durée de l'arrêt ou le taux d'incapacité. Au taux brut s'ajoutent des majorations nationales (trajet, charges générales, compensations) pour obtenir le taux net, celui qui s'applique à votre masse salariale.
Trois conséquences pratiques découlent de cette mécanique. D'abord, en dessous de 20 salariés, vos efforts de prévention ne modifient pas votre taux : ils protègent vos salariés et votre activité, pas votre cotisation. Ensuite, entre 20 et 149 salariés, la part qui dépend de vous grandit avec l'effectif : une entreprise qui grossit voit sa sinistralité peser de plus en plus lourd. Enfin, comme le calcul porte sur N-2 à N-4, un accident grave continue d'alourdir votre cotisation pendant trois ans.
Exemple des coûts moyens 2026 pour le comité technique national A (métallurgie), fixés par l'arrêté du 30 décembre 2025 :
| Sinistre | Coût moyen imputé |
|---|---|
| Arrêt de moins de 4 jours | 290 € |
| Arrêt de 16 à 45 jours | 1 779 € |
| Arrêt de 91 à 150 jours | 9 105 € |
| Arrêt de plus de 150 jours | 40 378 € |
| Incapacité permanente de 10 à 19 % | 69 840 € |
| Incapacité permanente de 40 % et plus, ou décès | 673 575 € |
La leçon est simple : ce sont les arrêts longs et les séquelles qui font monter le taux, bien plus que le nombre d'accidents bénins. Les montants diffèrent selon le comité technique national dont relève votre activité ; l'ordre de grandeur, lui, reste le même.
Exemple fictif, construit avec les coûts du CTN A ci-dessus. Deux ateliers de métallurgie de même taille. Le premier déclare dix accidents dans l'année, tous suivis d'un arrêt de moins de 4 jours : 10 × 290 €, soit 2 900 € imputés. Le second ne déclare qu'un seul accident, mais l'arrêt dépasse 150 jours : 40 378 € imputés, près de quatorze fois plus.
Le second atelier affiche pourtant le meilleur « compteur » d'accidents. C'est tout le piège d'un pilotage par le seul nombre d'accidents : il récompense la discrétion, pas la maîtrise. Et si cet arrêt long se conclut par une incapacité permanente de 10 à 19 %, c'est 69 840 € qui entrent dans le calcul.
Patience : comme le calcul porte sur N-2 à N-4, une baisse d'accidents aujourd'hui se répercute sur la cotisation pendant plusieurs années. C'est une raison de commencer tôt, pas d'attendre.
Une fois par an, à réception de la notification, prenez une heure avec votre responsable paie et votre référent prévention :
La cotisation est la partie visible. Le remplacement, le temps d'encadrement, la désorganisation et la production perdue ne figurent pas sur la notification. Ces coûts indirects restent à votre charge quel que soit votre effectif, y compris en tarification collective. Voir le coût réel d'un accident du travail, et ce que recouvrent les coûts indirects.
À retenir : votre taux AT/MP se lit sur votre compte net-entreprises.fr, se calcule sur trois années de sinistres et se pilote d'abord par la gravité. Un arrêt long évité vaut davantage qu'une série d'accidents bénins supprimés.
Le taux de cotisation qui finance la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Il est entièrement à la charge de l'employeur.
2,08 % en moyenne nationale, contre 2,12 % en 2025. Il varie fortement selon le secteur et, au-delà de 20 salariés, selon votre sinistralité.
Sur votre compte AT/MP, accessible depuis net-entreprises.fr, qui détaille le calcul et les sinistres imputés. Le taux figure aussi sur la fiche de paie, part employeur.
Non. En dessous de 20 salariés, la tarification est collective : vous payez le taux de votre secteur d'activité. Les coûts indirects des accidents, eux, restent pour vous.
Oui, dans les délais et selon les voies de recours indiqués sur la notification, notamment en cas d'erreur de classement ou d'imputation d'un sinistre.
Le taux AT/MP est une charge d'employeur que vous pouvez lire, vérifier et faire baisser dès 20 salariés. Consultez chaque année votre compte AT/MP, contrôlez le code risque et les sinistres imputés, et concentrez la prévention sur ce qui produit les arrêts longs et les séquelles. Organisez le retour au travail, analysez chaque accident et chaque presque-accident. Les effets se voient sur trois ans : c'est un travail de fond, porté par l'encadrement au quotidien.
Selon où vous en êtes, trois façons d'avancer :
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Rédigé par Guillaume Comte, cofondateur de COBEL®. Mis à jour le 22 septembre 2026.
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