Plan de prévention : quand il est obligatoire, qui le rédige et ce qu’il doit contenir

Un plan de prévention est un document écrit qui fixe, avant le début des travaux, les mesures prises par chaque entreprise pour éviter que leurs activités interfèrent. Il n'est obligatoire par écrit que dans deux cas : une opération d'au moins 400 heures sur douze mois, ou des travaux figurant sur la liste de l'arrêté du 19 mars 1993. Hors de ces deux cas, l'inspection commune préalable et l'analyse commune des risques restent dues.

Ces trois phrases cadrent la question. Elles ne disent pas comment faire. Sur le terrain, le constat revient souvent : un modèle de plan de prévention existe dans un dossier partagé, mais l'inspection commune préalable a été remplacée par un échange de courriels, les phases dangereuses restent génériques, et personne ne sait plus qui a validé quoi avant l'arrivée des intervenants. Le plan de prévention est un document de coordination entre deux employeurs, pas une pièce administrative à archiver. Nous reprenons ici le cadre réglementaire article par article, la liste des travaux dangereux, les deux documents voisins que sont le protocole de sécurité et le permis de feu, la répartition des responsabilités, puis les erreurs les plus fréquentes.

Plan de prévention : ce qu'il est, et ce qu'il n'est pas

Le Code du travail le définit en creux, à l'article R4512-6. Au vu des informations recueillies pendant l'inspection commune préalable, les chefs des entreprises utilisatrice et extérieures procèdent en commun à une analyse des risques pouvant résulter de l'interférence entre les activités, les installations et les matériels. Lorsque ces risques existent, ils arrêtent d'un commun accord, avant le début des travaux, un plan de prévention qui définit les mesures prises par chaque entreprise.

Trois mots portent tout le dispositif. Coactivité : deux entreprises travaillent au même endroit, au même moment, ou l'une après l'autre sur une installation que l'autre a laissée dans un état particulier. Interférence : le risque ne vient ni de l'activité A ni de l'activité B, mais de leur rencontre. Commun accord : le document n'est la propriété d'aucune des deux parties.

Le plan de prévention n'est pas le DUERP de l'entreprise utilisatrice. Le document unique inventorie les risques de l'entreprise pour ses propres salariés, unité de travail par unité de travail (R4121-1). Il n'est pas non plus un plan particulier de sécurité et de protection de la santé, qui relève des chantiers du bâtiment. Et il n'est pas un document que l'entreprise extérieure apporte avec elle : un plan rédigé par un seul employeur et transmis pour information n'est pas un plan de prévention.

Quand le plan de prévention est-il obligatoire ?

Le champ s'ouvre dès qu'une entreprise fait réaliser une opération par une ou plusieurs entreprises extérieures (R4511-1). Deux exclusions existent : les travaux de construction et de réparation navales (R4511-2) et les chantiers du bâtiment ou de génie civil soumis à coordination en matière de sécurité et de protection de la santé, ainsi que les chantiers clos (R4511-3).

L'écrit est ensuite exigé dans deux situations, énumérées à l'article R4512-7. Première situation : l'opération représente un nombre total d'heures de travail prévisible d'au moins 400 heures sur une période inférieure ou égale à douze mois, travaux continus ou discontinus, en incluant les entreprises sous-traitantes auxquelles l'entreprise extérieure peut faire appel. Le seuil se compte en heures prévisibles, pas en jours de présence ni en nombre d'interventions.

Le même article prévoit le franchissement en cours de route : l'obligation s'applique dès lors qu'il apparaît, en cours d'exécution des travaux, que le nombre d'heures doit atteindre 400 heures. Le plan est alors établi en cours d'opération, sans attendre la fin. Un avenant au planning, une entreprise supplémentaire ou un dépassement de charge suffisent à déclencher l'obligation.

Seconde situation : les travaux à accomplir figurent sur la liste fixée par arrêté, quelle que soit la durée prévisible de l'opération. Le plan est donc dû dès la première heure, même pour une intervention de deux jours et un seul salarié. En dessous des seuils, l'écrit n'est pas exigé, mais l'inspection commune préalable et l'analyse commune des risques restent dues dès qu'il existe des risques d'interférence.

Plan de prévention et travaux dangereux : la liste de l'arrêté du 19 mars 1993

L'arrêté du 19 mars 1993 fixe la liste des travaux dangereux pour lesquels un plan de prévention est établi par écrit (Légifrance, JORFTEXT000000179892). Son article 1er énumère vingt et une catégories, reprises ci-dessous dans l'ordre du texte et regroupées par familles, d'après la reproduction de l'OPPBTP, mise à jour au 1er juin 2022. Le texte date de 1993 : certaines références qu'il cite (décrets, normes) ont depuis évolué.

Agents physiques et chimiques

  • 1. Travaux exposant à des rayonnements ionisants.
  • 2. Travaux exposant à des substances et préparations explosives, comburantes, extrêmement inflammables, facilement inflammables, très toxiques, toxiques, nocives, cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.
  • 3. Travaux exposant à des agents biologiques pathogènes.
  • 13. Travaux exposant à un niveau d'exposition sonore quotidienne supérieur à 90 dB(A) ou à un niveau de pression acoustique de crête supérieur à 140 dB.
  • 20. Travaux nécessitant l'utilisation d'un appareil à laser d'une classe supérieure à la classe 3A.

Installations et équipements

  • 4. Travaux effectués sur une installation classée faisant l'objet d'un plan d'opération interne.
  • 5. Travaux de maintenance sur les équipements de travail soumis à vérifications périodiques (hors appareils de levage), sur les véhicules à benne ou cabine basculante, les machines à cylindre et certaines machines dangereuses.
  • 6. Travaux de transformation sur les ascenseurs, monte-charge, escaliers mécaniques, trottoirs roulants et installations de parcage automatique de voitures.
  • 7. Travaux de maintenance sur installations à très haute ou très basse température.
  • 8. Travaux comportant le recours à des ponts roulants, des grues ou des transtockeurs.
  • 9. Travaux comportant le recours aux treuils et appareils assimilés mus à la main, installés temporairement au-dessus d'une zone de travail ou de circulation.
  • 10. Travaux exposant au contact avec des pièces nues sous tension supérieure à la très basse tension.
  • 11. Travaux nécessitant l'utilisation d'équipements de travail auxquels s'applique l'article R4323-17 du Code du travail.

Hauteur, noyade et ensevelissement

  • 12. Travaux du bâtiment et des travaux publics exposant à des risques de chute de hauteur de plus de 3 mètres.
  • 14. Travaux exposant à des risques de noyade.
  • 15. Travaux exposant à un risque d'ensevelissement.
  • 16. Travaux de montage et de démontage d'éléments préfabriqués lourds.
  • 17. Travaux de démolition.

Milieux particuliers

  • 18. Travaux dans ou sur des cuves et accumulateurs de matière, ou en atmosphère confinée.
  • 19. Travaux en milieu hyperbare.

Points chauds

  • 21. Travaux de soudage oxyacétylénique exigeant le recours à un permis de feu.

Deux remarques. Cette liste sert à décider si l'écrit est obligatoire, pas à interdire : le point 18 attrape à lui seul une grande partie des interventions de maintenance sur silos, cuves et réseaux. Le point 21, lui, ne rend pas le permis de feu obligatoire pour tout soudage : il range parmi les travaux dangereux ceux qui exigent déjà un permis de feu.

Qui rédige le plan de prévention ?

Personne ne le rédige seul. L'article R4512-6 confie l'analyse des risques aux chefs des entreprises utilisatrice et extérieures, et l'arrêt du plan à leur commun accord. Dans la pratique, l'entreprise utilisatrice pilote : elle connaît les lieux, les installations, les consignes et les autres activités du site. L'entreprise extérieure apporte son mode opératoire, ses matériels, ses compétences et la description de ce qu'elle va réellement faire.

L'accord doit être acquis avant le début des travaux. L'article R4512-6 le dit pour le plan, l'article R4512-7 le redit pour l'écrit : établi par écrit et arrêté avant le commencement des travaux. Un plan finalisé le troisième jour de l'intervention ne couvre pas les deux premiers.

Le Code du travail n'impose pas de forme de signature pour le plan de prévention. Il impose de pouvoir démontrer l'accord : datation, identification des parties, version en vigueur. La signature de chaque chef d'entreprise est donc une pratique solide qui matérialise le commun accord. Pour le protocole de sécurité, en revanche, l'article R4515-11 exige un exemplaire daté et signé tenu à disposition.

L'inspection commune préalable, étape que personne ne peut sauter

L'article R4512-2 instaure une inspection commune préalable des lieux, des installations et des matériels avant l'exécution de l'opération. Elle précède l'analyse des risques : c'est en marchant sur le site que l'on découvre ce qu'aucun courriel ne dira.

L'article R4512-3 précise ce que l'entreprise utilisatrice doit y faire : délimiter le secteur de l'intervention, matérialiser les zones dangereuses et fixer les voies de circulation. Trois actes physiques, avec de la peinture, des barrières ou un balisage, pas seulement un plan en annexe.

L'échange d'informations complète le dispositif. L'article R4512-4 porte sur les consignes de sécurité à communiquer aux entreprises extérieures, y compris pour leurs déplacements sur le site. L'article R4512-5 organise l'échange réciproque des informations nécessaires à la prévention : nature des travaux, matériels, modes opératoires. Cette étape reste due même quand l'écrit ne l'est pas : elle ne dépend ni du seuil de 400 heures ni de la liste des travaux dangereux.

Ce que le plan de prévention doit contenir

L'article R4512-8 fixe un contenu minimal en cinq points :

  • la définition des phases d'activité dangereuses et des moyens de prévention correspondants ;
  • l'adaptation des matériels, installations et dispositifs à la nature des opérations, avec leurs conditions d'entretien ;
  • les instructions à donner aux travailleurs ;
  • l'organisation des premiers secours en cas d'urgence, avec la description du dispositif mis en place par l'entreprise utilisatrice ;
  • les conditions de participation des travailleurs d'une entreprise aux travaux d'une autre, notamment l'organisation du commandement.

D'autres pièces s'y ajoutent selon les situations : la liste des postes soumis au suivi individuel renforcé (R4512-9), la répartition des charges d'entretien des locaux mis à disposition (R4512-10), les dossiers techniques amiante (R4512-11) et les mesures qui évitent le travail isolé (R4512-13). Le plan est tenu à la disposition de l'inspection du travail, des caisses régionales d'assurance maladie et de l'OPPBTP (R4512-12).

Les travailleurs, enfin, doivent être informés sur le lieu même de l'intervention, avant le début des travaux : dangers, zones concernées, équipements de protection, voies d'accès, moyens de secours (R4512-15). Les modèles circulent en Word et en PDF ; aucun ne dispense de l'inspection commune, puisque c'est elle qui produit le contenu.

Plan de prévention, protocole de sécurité et permis de feu

La différence entre plan de prévention et protocole de sécurité tient à l'opération, pas à la taille du site. Le protocole de sécurité concerne les opérations de chargement ou de déchargement sur ou dans un engin de transport routier réalisées par une entreprise extérieure. L'article R4515-1 le précise : pour ces opérations, le protocole déroge aux articles R4512-2 à R4512-11. Il remplace le plan de prévention et l'inspection commune, il ne s'y ajoute pas.

Le protocole est un document écrit, établi dans un échange entre l'entreprise d'accueil et le transporteur avant l'opération. L'accueil fournit ses consignes, son plan d'accès, les engins à utiliser et le responsable désigné ; le transporteur fournit les caractéristiques de son véhicule, la nature et le conditionnement de la marchandise, l'existence de matières dangereuses. Pour les opérations répétitives, un seul protocole suffit, valable tant que les conditions ne changent pas significativement (R4515-9).

Le permis de feu a un statut plus déroutant : il ne fait l'objet d'aucune obligation générale dans le Code du travail. Il est exigé par des textes propres à certaines situations : l'ordonnance de police n° 70-15134 du 16 février 1970 à Paris et dans la petite couronne, les arrêtés applicables à certaines installations classées, l'article GH 65 de l'arrêté du 30 décembre 2011 dans les immeubles de grande hauteur, et souvent les contrats d'assurance. Ces textes sont recensés par le CNPP (page à jour au 17 juillet 2024).

En dehors de ces obligations, l'INRS pose une règle de l'art : rédiger un permis de feu pour tous les travaux par points chauds, réalisés en interne comme par une entreprise extérieure. La même brochure indique que plus de 30 % des incendies d'entreprise sont déclenchés par des travaux par points chauds (INRS, ED 6030, août 2019). Le permis porte une durée de validité et se réévalue dès qu'un de ses éléments change.

Le BTP se traite à part. Sur un chantier soumis à coordination sécurité et protection de la santé, l'article R4511-3 écarte le dispositif des entreprises extérieures : ce sont le plan général de coordination et les plans particuliers de sécurité qui s'appliquent. Le plan de prévention reste en revanche pleinement applicable à des travaux de bâtiment réalisés dans une usine en activité, hors coordination.

DocumentSituation déclenchanteTexte de référenceQui l'établitValidité
Plan de préventionEntreprise extérieure et risques d'interférence ; écrit obligatoire à partir de 400 heures sur douze mois (sous-traitants inclus) ou pour les travaux de l'arrêté du 19 mars 1993Code du travail, R4512-6 à R4512-8Les chefs de l'entreprise utilisatrice et des entreprises extérieures, d'un commun accordAucune durée légale ; réexamen dès que le périmètre change
Protocole de sécuritéChargement ou déchargement sur ou dans un engin de transport routierCode du travail, R4515-1 à R4515-11L'entreprise d'accueil et le transporteurUn seul protocole pour les opérations répétitives, tant que les conditions ne changent pas
Permis de feuTravaux par points chauds hors poste permanent : soudage, meulage, découpage, tronçonnagePas d'obligation générale dans le Code du travail ; textes spécifiques, assurance, règle de l'art INRSL'entreprise utilisatrice avec le responsable de l'interventionDurée limitée inscrite sur le document

Qui est responsable de quoi

La répartition est écrite, et elle surprend souvent les directions qui croient avoir transféré leur responsabilité avec un bon de commande. L'article R4511-5 confie au chef de l'entreprise utilisatrice la coordination générale des mesures de prévention. Mais l'article R4511-6 pose une règle que rien ne contourne : chaque chef d'entreprise reste responsable de l'application des mesures de prévention pour ses propres travailleurs. La coordination générale ne dilue pas cette responsabilité, elle l'organise.

L'article R4511-10 impose à l'entreprise extérieure une information écrite préalable : date d'arrivée, effectif appelé à intervenir, responsable, sous-traitants et travaux sous-traités. L'article R4511-9 n'autorise le chef de l'entreprise extérieure à déléguer qu'à un travailleur doté de l'autorité, de la compétence et des moyens nécessaires. Un chef d'équipe désigné sur le papier, sans moyens ni présence, ne constitue pas une délégation. Ce que votre organisation compense faute de coordination se retrouve ensuite dans ce que coûte un accident du travail, bien au-delà des seules cotisations.

Les erreurs fréquentes sur le terrain

  • Le plan est signé après le démarrage. Les intervenants sont arrivés lundi, le document est validé mercredi, et les deux premiers jours ne sont couverts par rien.
  • Le document est copié d'un autre site. Les phases dangereuses restent « circulation d'engins », « coactivité », « port des EPI » : aucune localisation, aucun horaire, aucun nom de responsable.
  • L'inspection commune est remplacée par des pièces jointes. Le plan d'accès et les consignes sont envoyés, personne n'a délimité le secteur ni matérialisé les zones dangereuses.
  • Les sous-traitants sortent du décompte. Le calcul des 400 heures oublie les entreprises sous-traitantes, alors que l'article R4512-7 les inclut expressément.
  • Le permis de feu est traité comme une signature à obtenir. La mise en sécurité de la zone n'est pas matérialisée et la surveillance après travaux n'est pas organisée.
  • Le plan n'est jamais réexaminé. Une deuxième entreprise arrive, le seuil est franchi en cours d'opération, et le document reste dans sa version initiale.

Exemple fictif : une intervention en usine

Exemple fictif. Une usine agroalimentaire de 320 salariés, en activité six jours sur sept, confie à un prestataire le remplacement de deux centrales de traitement d'air et le tronçonnage des gaines. Quatre intervenants pendant cinq semaines représentent environ 700 heures : le plan de prévention écrit est obligatoire au titre du seuil. Le tronçonnage ajoute les points chauds.

L'inspection commune préalable réunit le responsable maintenance du site et le chef d'équipe du prestataire. Elle aboutit à trois décisions matérielles : la toiture technique est délimitée et interdite aux équipes de production, les voies de circulation des chariots sont déviées sous la zone de levage, la consignation des centrales est inscrite au planning de production. Le plan reprend ensuite les phases dangereuses avec leurs horaires et fixe l'organisation des premiers secours. Lorsqu'une entreprise de calorifugeage intervient en semaine quatre, le plan est réexaminé et l'analyse des risques refaite avant son arrivée, au lieu d'être complétée après son départ.

Check-list avant de faire entrer une entreprise extérieure

  • L'opération est cadrée en heures prévisibles, sous-traitants compris.
  • Les travaux ont été confrontés, point par point, à la liste de l'arrêté du 19 mars 1993.
  • La date de l'inspection commune préalable est fixée, avec les bonnes personnes des deux côtés.
  • Le secteur est délimité et les zones dangereuses sont matérialisées avant l'arrivée des intervenants.
  • L'information écrite de l'entreprise extérieure est reçue : date d'arrivée, effectif, responsable, sous-traitants.
  • Les phases dangereuses du plan sont localisées et horodatées, pas seulement nommées.
  • Le plan est arrêté et daté avant le premier jour d'intervention.
  • L'information des travailleurs a lieu sur le lieu même et laisse une trace nominative.
  • Le besoin de permis de feu est tranché par écrit, même quand la réponse est non.
  • Une revue est planifiée en cours d'opération : heures consommées, entreprises supplémentaires, changement de mode opératoire.

À retenir.

  • Le plan de prévention traite les risques d'interférence entre employeurs et s'arrête d'un commun accord avant les travaux (R4512-6).
  • L'écrit est dû à partir de 400 heures sur douze mois, ou dès la première heure pour les travaux de l'arrêté du 19 mars 1993 ; le seuil franchi en cours d'opération déclenche aussi l'obligation.
  • L'inspection commune préalable reste due même sans écrit obligatoire.
  • Chaque employeur demeure responsable pour ses propres salariés : la coordination générale ne transfère rien (R4511-5 et R4511-6).

Questions fréquentes sur le plan de prévention

Qui rédige un plan de prévention ?

Il est rédigé conjointement par l'entreprise utilisatrice et la ou les entreprises extérieures. L'article R4512-6 confie l'analyse des risques aux chefs des entreprises et le plan à leur commun accord. Un plan rédigé par un seul employeur puis transmis pour information ne satisfait pas cette exigence.

Quand le plan de prévention est-il obligatoire par écrit ?

Dans deux cas : quand l'opération représente au moins 400 heures de travail prévisibles sur douze mois au plus, sous-traitants compris, ou quand les travaux figurent sur la liste de l'arrêté du 19 mars 1993, quelle que soit leur durée (article R4512-7).

Comment faire un plan de prévention ?

Dans cet ordre : qualifier l'opération en heures et en nature de travaux, réaliser l'inspection commune préalable, analyser les risques d'interférence, arrêter le plan avec les mesures de chaque entreprise, puis informer les travailleurs sur le lieu même. Un plan produit sans visite des lieux se reconnaît à ses phases dangereuses génériques.

Qui doit signer le plan de prévention ?

Aucun article du Code du travail n'impose de signature. Le texte exige un plan établi par écrit et arrêté avant le commencement des travaux, ce qui suppose de pouvoir prouver l'accord : parties identifiées, date, version. La signature des chefs d'entreprise est donc une pratique solide, pas une obligation textuelle.

Quelle différence avec le DUERP ?

Le DUERP recense les risques de l'entreprise pour ses propres salariés, par unité de travail (R4121-1). Le plan de prévention traite les risques d'interférence liés à l'intervention d'une entreprise extérieure. L'un ne remplace pas l'autre.

En résumé

Le plan de prévention est écrit quand l'opération atteint 400 heures sur douze mois, ou quand les travaux figurent sur la liste de l'arrêté du 19 mars 1993. Il s'arrête d'un commun accord entre les employeurs, avant les travaux, après une inspection commune préalable qui délimite, matérialise et informe. Le protocole de sécurité le remplace pour le chargement et le déchargement routiers ; le permis de feu répond à d'autres textes et à l'évaluation des risques. Un plan utile se reconnaît à trois détails : des phases dangereuses localisées, des responsabilités nommées, un réexamen dès que le périmètre change.

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Sources

  • Code du travail, articles R4511-1 à R4511-10, R4512-2 à R4512-15 et R4515-1 à R4515-11, code.travail.gouv.fr.
  • Code du travail, article R4121-1 (document unique), code.travail.gouv.fr.
  • Arrêté du 19 mars 1993 fixant la liste des travaux dangereux pour lesquels il est établi par écrit un plan de prévention, Légifrance.
  • OPPBTP, liste des 21 travaux dangereux de l'arrêté du 19 mars 1993, fiche mise à jour au 1er juin 2022, preventionbtp.fr.
  • INRS, « Le permis de feu », brochure ED 6030, août 2019, inrs.fr.
  • CNPP, « Permis feu, comment le mettre en œuvre ? », page à jour au 17 juillet 2024, cnpp.com.

Sources consultées le 6 novembre 2026.

Rédigé par Guillaume Comte, cofondateur de COBEL®. Publié le 6 novembre 2026.