Taux de fréquence et taux de gravité : calcul, repères 2024 et outil gratuit
Le taux de fréquence est le nombre d’accidents avec arrêt par million d’heures travaillées. Le taux de gravité est le nombre de journées d’arrêt pour 1 000 heures travaillées. En 2024, les repères nationaux sont de 16,0 pour le taux de fréquence et de 1,6 pour le taux de gravité, tous secteurs confondus, selon l’Assurance Maladie.
Vous devez présenter votre taux de fréquence au CSE, le faire figurer dans la base de données économiques et sociales, le reporter pour un audit MASE, ou simplement savoir si votre sécurité progresse. Les formules sont simples ; ce qui l’est moins, c’est de les appliquer sans erreur, sur la bonne période, et d’en tirer une lecture juste. Cette page donne les définitions officielles du taux de gravité, de l’indice de fréquence et de l’indice de gravité, les variantes TF1, TF2 et TF3, un exemple pas à pas et les repères 2024 par secteur d’activité. Elle propose surtout un outil gratuit : vous saisissez ou importez vos données mois par mois, et vous obtenez vos taux sur trois périodes, leurs graphiques, le croisement fréquence et gravité, et l’objectif chiffré qui correspond à la baisse que vous visez. Vos données restent dans votre navigateur.
Calculez votre taux de fréquence et votre taux de gravité sur 12 mois
Saisissez vos données mois par mois, ou importez-les à partir du modèle à télécharger, au format CSV, qui s’ouvre dans Excel : heures travaillées, effectif moyen, accidents avec arrêt, jours d’arrêt, et si vous le souhaitez, accidents sans arrêt. Le fichier est lu dans votre navigateur et n’en sort pas. Vous obtenez vos taux sur le dernier mois, sur 12 mois glissants et sur l’année civile, leurs graphiques, le croisement fréquence et gravité comparé au repère de votre secteur, et une lecture de votre tendance. Le détail complet, avec vos objectifs, vous est envoyé par email si vous le demandez.
Calculez vos taux de fréquence et de gravité
Vos mois, trois indicateurs, leur tendance et un objectif qui parle. Vos données restent dans votre navigateur.
| Mois (AAAA-MM) |
Heures réellement travaillées | Effectif moyen | Accidents avec arrêt | Jours d’arrêt de ces accidents | Accidents sans arrêt (facultatif) |
|---|
Rapport complet par email : vos taux sur trois périodes, la lecture de votre taux de fréquence et votre objectif. Aucun engagement.
Évolution du taux de fréquence
Accidents avec arrêt par million d’heures
Évolution du taux de gravité
Jours d’arrêt pour 1 000 heures
Évolution de l’indice de fréquence
Accidents pour 1 000 salariés, sur 12 mois glissants seulement
Taux de gravité croisé avec le taux de fréquence
Un point par mois, sur 12 mois glissants ; le plus gros est le dernier
Les deux repères découpent le graphique en quatre zones. Même par secteur, un comité technique regroupe des métiers très différents : les fiches par code d’activité de l’Assurance Maladie sont plus fines.
Trajectoire de l’objectif : ligne droite entre votre valeur sur 12 mois glissants au dernier mois saisi et la valeur visée à l’horizon choisi. Le pourcentage est votre choix, pas une recommandation.
Ce que disent vos chiffres
Lecture choisie selon la tendance détectée, parmi dix écrites à l’avance. Elle ne remplace pas l’analyse de vos accidents.
Détails du calcul, repères et sources
Les formules. Taux de fréquence = accidents avec arrêt × 1 000 000 ÷ heures travaillées. Taux de gravité = jours d’arrêt × 1 000 ÷ heures travaillées. Indice de fréquence = accidents avec arrêt × 1 000 ÷ effectif salarié moyen. TF2 = accidents avec et sans arrêt × 1 000 000 ÷ heures, calculé seulement si la colonne facultative est remplie pour tous les mois de la période. Définitions : Assurance Maladie, Rapport annuel 2024 — Risques professionnels, publié le 18 novembre 2025, p. 10.
Les jours d’arrêt. L’outil compte les jours d’arrêt des accidents survenus dans le mois, rattachés à la date de l’accident. L’Assurance Maladie compte les journées indemnisées pendant la période : les deux chiffres peuvent différer, surtout quand un arrêt long chevauche deux années.
Les trois périodes. Dernier mois saisi, 12 mois glissants finissant au dernier mois saisi, année civile jusqu’au dernier mois saisi. L’indice de fréquence n’est pas affiché pour un mois isolé : il n’est pas comparable au repère national, qui est annuel. Sur une année civile incomplète, il est signalé comme tel. Une période n’additionne que les mois saisis : un mois manquant est signalé.
La tendance. Une variation n’est présentée comme une tendance que si elle dépasse ce que le hasard produit couramment avec vos nombres d’accidents. Les 12 derniers mois sont comparés aux 12 précédents par un test statistique exact au seuil de 5 % (Przyborowski et Wilenski, Biometrika, 1940). Pour le taux de gravité, l’outil vérifie en plus que la variation ne tient pas à un seul mois très lourd. Le rapport envoyé par email ne conclut que sur la fréquence : la tendance de la gravité demande vos données mois par mois, qui ne quittent pas votre navigateur.
Les repères 2024. Moyenne nationale des 9 comités techniques : taux de fréquence 16,0, taux de gravité 1,6, indice de fréquence 26,4 (Assurance Maladie, rapport annuel 2024, tableau 2 p. 11 et tableau 8 p. 22). Repères par comité technique : même rapport, tableau 8, p. 22.
Vos données. Le fichier importé et les valeurs saisies sont traités dans votre navigateur. Rien n’est envoyé tant que vous ne demandez pas le rapport ; à ce moment, seuls des totaux par période partent, jamais vos données mois par mois.
Comment calculer le taux de fréquence et le taux de gravité
Les deux premiers indicateurs rapportent les accidents au temps de travail, le troisième les rapporte à l’effectif.
| Indicateur | Formule | Se lit comme |
|---|---|---|
| Taux de fréquence (TF) | accidents avec arrêt × 1 000 000 ÷ heures travaillées | accidents par million d’heures |
| Taux de gravité (TG) | journées d’arrêt × 1 000 ÷ heures travaillées | jours perdus pour 1 000 heures |
| Indice de fréquence (IF) | accidents avec arrêt × 1 000 ÷ effectif salarié moyen | accidents pour 1 000 salariés |
Dans son rapport annuel, l’Assurance Maladie définit le taux de fréquence comme « le nombre d’accidents en premier règlement par million d’heures de travail », et le taux de gravité comme « le nombre de journées d’IT pour 1 000 heures de travail ». Elle publie aussi un indice de gravité, plus rarement suivi en entreprise : le total des taux d’incapacité permanente par million d’heures de travail, les décès étant comptés comme une incapacité de 99 %.
Deux précisions changent le résultat. Le dénominateur est le nombre d’heures réellement travaillées, pas les heures prévues au contrat. Et les journées d’arrêt peuvent se compter de deux façons : les journées indemnisées pendant la période, comme le fait la statistique nationale, ou les jours d’arrêt des accidents survenus pendant la période, rattachés à la date de l’accident. Notre outil utilise la seconde, plus simple à suivre en entreprise. L’essentiel est de garder la même d’une année sur l’autre.
Le taux de gravité dont il est question ici ne doit pas être confondu avec le taux d’incapacité permanente attribué à une victime par la Sécurité sociale, qui mesure les séquelles d’une personne et non la sinistralité d’une entreprise.
TF1, TF2, TF3 : trois taux de fréquence qui ne comptent pas la même chose
Beaucoup d’entreprises suivent plusieurs taux de fréquence, selon ce qu’elles incluent au numérateur :
- TF1 : les seuls accidents avec arrêt. C’est celui qui se compare au repère national.
- TF2 : les accidents avec et sans arrêt.
- TF3 : les accidents avec et sans arrêt, plus les presqu’accidents déclarés.
Ces variantes sont des conventions internes, pas des définitions officielles : vérifiez toujours laquelle on vous présente avant de comparer deux chiffres. Leur intérêt tient dans l’écart entre elles. Un TF1 qui baisse pendant que le TF2 reste stable signale que les accidents sont toujours là, mais qu’ils donnent moins souvent lieu à un arrêt. C’est parfois un progrès réel, parfois l’effet de postes aménagés pour éviter l’arrêt. L’outil calcule le TF1, et le TF2 si vous renseignez vos accidents sans arrêt.
Exemple de calcul pas à pas
Exemple fictif : une entreprise de 180 salariés a travaillé 290 000 heures sur les 12 derniers mois. Elle a enregistré 5 accidents avec arrêt, qui ont totalisé 212 jours d’arrêt.
- Taux de fréquence : 5 × 1 000 000 ÷ 290 000 = 17,2
- Taux de gravité : 212 × 1 000 ÷ 290 000 = 0,73
- Indice de fréquence : 5 × 1 000 ÷ 180 = 27,8
Lecture : des accidents un peu plus fréquents que la moyenne nationale, mais nettement moins longs. Et un point que l’on oublie souvent : avec 290 000 heures, un seul accident de plus ou de moins fait varier le taux de fréquence de 3,4 points. Sur de petits nombres, une variation d’une année sur l’autre peut ne rien dire.
Taux de fréquence et taux de gravité par secteur d’activité en 2024
La moyenne nationale mélange des métiers qui n’ont rien à voir. L’Assurance Maladie publie les valeurs par comité technique national (CTN), c’est-à-dire par grand secteur d’activité : c’est à votre secteur qu’il faut d’abord vous comparer.
| Secteur (CTN) | Indice de fréquence | Taux de fréquence | Taux de gravité | Indice de gravité |
|---|---|---|---|---|
| A — Métallurgie | 22,6 | 13,0 | 1,1 | 9,9 |
| B — BTP | 38,1 | 25,1 | 2,4 | 25,4 |
| C — Transports, eau, gaz, électricité, livre et communication | 36,6 | 21,5 | 2,4 | 19,1 |
| D — Alimentation | 32,5 | 19,5 | 1,8 | 11,1 |
| E — Chimie, caoutchouc, plasturgie | 19,8 | 11,4 | 1,0 | 9,0 |
| F — Bois, ameublement, papier-carton, textile et autres | 33,3 | 19,6 | 1,8 | 17,7 |
| G — Commerces non alimentaires | 17,6 | 10,6 | 1,1 | 7,2 |
| H — Services I | 7,8 | 4,9 | 0,4 | 3,5 |
| I — Services II | 39,8 | 23,6 | 2,5 | 16,2 |
| Ensemble des 9 CTN | 26,4 | 16,0 | 1,6 | 12,1 |
Source : Assurance Maladie, rapport annuel 2024 des risques professionnels, publié le 18 novembre 2025, tableau 8, p. 22. Ce sont les dernières valeurs officielles : les données 2025 sont annoncées pour novembre 2026 sur le portail Data risques professionnels de l’Assurance Maladie, et cette page sera mise à jour à leur parution. L’écart entre secteurs dépasse le simple au quintuple sur le taux de fréquence : se comparer à la moyenne nationale peut rassurer à tort ou alarmer sans raison. Pour aller plus fin que le secteur, l’Assurance Maladie propose un moteur de recherche des fiches de sinistralité par code NAF, avec les mêmes définitions que le tableau ci-dessus.
Ne confondez pas avec les formules étrangères
Certaines pages et certains logiciels reprennent des définitions anglo-saxonnes sans le dire. Aux États-Unis, le taux d’incidence publié par le Bureau of Labor Statistics et utilisé par l’OSHA rapporte les cas à 200 000 heures, soit 100 salariés à temps plein sur un an, et non à un million d’heures. Il compte aussi des cas que la définition française ne retient pas, comme les accidents ayant entraîné un simple aménagement de poste. Un taux américain de 2 n’est donc pas un taux de fréquence de 2, ni même de 10 : les deux ne se comparent pas. Dans un groupe international, écrivez toujours la formule à côté du chiffre.
Calculer son taux de fréquence sur Excel
Le modèle proposé par l’outil s’ouvre dans Excel ou tout tableur : une ligne par mois, une colonne par donnée. Si vous préférez construire votre propre fichier, deux formules suffisent. Avec le nombre d’accidents avec arrêt en colonne B, les jours d’arrêt en colonne C et les heures travaillées en colonne D :
- taux de fréquence :
=B2*1000000/D2 - taux de gravité :
=C2*1000/D2
Pour un taux sur 12 mois glissants, additionnez les accidents, les jours et les heures des 12 derniers mois avant de diviser. Ne faites jamais la moyenne de 12 taux mensuels : un mois à faible activité pèserait autant qu’un mois plein.
Lire le croisement du taux de gravité et du taux de fréquence
Pris isolément, ces deux indicateurs trompent : c’est la thèse que nous défendons dans « Tf/Tg : pourquoi les bannir de votre vocabulaire ? ». Croisés et suivis dans la durée, ils deviennent lisibles. Le graphique place le taux de fréquence en abscisse et le taux de gravité en ordonnée, un point par mois sur 12 mois glissants. Les repères de votre secteur le découpent en quatre zones :
| Position | Lecture |
|---|---|
| Fréquence et gravité sous les repères | moins d’accidents et moins de jours perdus que la moyenne du secteur |
| Fréquence au-dessus, gravité en dessous | des accidents plus fréquents, mais plus courts |
| Fréquence en dessous, gravité au-dessus | des accidents plus rares, mais plus longs |
| Fréquence et gravité au-dessus des repères | des accidents plus fréquents et plus longs |
La position compte moins que la trajectoire : dans quelle direction les points se déplacent-ils, mois après mois ?
Fixer un objectif qui parle à vos équipes
Un taux ne parle à personne sur le terrain. Un nombre d’accidents, si. L’outil convertit l’objectif que vous choisissez en nombre maximal d’accidents et de jours d’arrêt, à activité égale.
Reprenons l’exemple. Viser une baisse de 20 % en 12 mois, c’est passer d’un taux de fréquence de 17,2 à 13,8 : concrètement, de 5 accidents avec arrêt à 4 au plus. Pour le taux de gravité, c’est passer de 212 à 169 jours d’arrêt au plus. Le pourcentage est votre choix ; l’outil ne vous dit pas quel objectif est le bon.
Où ces taux vous sont demandés
- La base de données économiques, sociales et environnementales : dans les entreprises d’au moins 300 salariés, en l’absence d’accord, l’article R2312-9 du Code du travail y fait figurer le taux de fréquence et le taux de gravité des accidents du travail, dans la rubrique des conditions de travail. Elle est mise à la disposition du CSE.
- Le référentiel MASE : sa version 2024 cite les taux de fréquence et de gravité parmi les exemples d’indicateurs (axe 1, § 1.4), sans en fixer la définition. Les indicateurs y sont fixés par l’employeur, en déclinaison de ses objectifs, et l’audit évalue leur pertinence pour atteindre ces objectifs : ce n’est pas la valeur du taux qui est notée, c’est ce que vous en faites. Le même référentiel demande d’analyser les accidents et les presqu’accidents (axe 4).
- Vos donneurs d’ordres, dans leurs questionnaires de sélection des entreprises extérieures, et votre propre revue de direction.
Dans tous les cas, écrivez votre convention à côté du chiffre : accidents avec ou sans arrêt, intérimaires inclus ou non, façon de compter les jours d’arrêt. Aucun de ces textes ne l’impose, et c’est ce qui permet de comparer vos taux d’une année sur l’autre, et avec ceux qu’on vous demande.
Quatre erreurs qui faussent le calcul
- Mélanger les périmètres. Comparer un taux qui inclut les accidents sans arrêt au repère national, qui ne les compte pas.
- Diviser par les heures prévues. Les heures du contrat ignorent les absences et les heures supplémentaires ; le taux est alors faussé.
- Comparer un mois à une année. Un taux calculé sur un seul mois varie fortement et ne se compare pas au repère annuel.
- Conclure sur de petits nombres. Avec quelques accidents par an, une hausse ou une baisse peut relever du hasard. L’outil indique si votre variation dépasse ce que le hasard produit couramment.
Ce que ces taux ne disent pas
Ces taux mesurent des conséquences : des accidents qui ont eu lieu, des jours déjà perdus. Ils ne disent pas si vos moyens de maîtrise tiennent aujourd’hui. Une baisse peut venir d’actions efficaces, mais aussi d’accidents moins déclarés ou de postes aménagés pour éviter l’arrêt. À l’inverse, une année sans accident ne prouve pas que le risque a disparu.
C’est pour cela qu’un taux se lit toujours avec d’autres éléments : les accidents sans arrêt, les presqu’accidents, et la vérification sur le terrain des protections prévues dans votre document unique. Pour mesurer ce qu’un accident coûte réellement à l’entreprise, au-delà du taux, voyez le coût réel d’un accident du travail.
Remonter aux causes profondes d’un taux de fréquence qui monte
On traite souvent un taux de fréquence qui monte accident par accident : une consigne de plus, une formation de plus. Mais l’accident est la conséquence ; le taux, le symptôme. La cause se trouve en amont, à l’endroit où vos décisions n’arrivent plus jusqu’au poste de travail. Là où le travail demande plus que ce que l’organisation permet de tenir, les personnes compensent : des heures en plus, des contournements, des règles ajoutées, une vigilance de chaque instant. Tant que cette compensation tient, les indicateurs restent bons. Quand elle lâche, elle se paie en accidents, et l’accident révèle souvent ce qui ne tenait plus depuis longtemps. Un bon chiffre obtenu par compensation n’est pas un résultat : c’est un délai.
Remonter à cette cause se fait en quatre temps, avec l’équipe concernée et non sur elle :
- Partir de l’écart, pas de la moyenne. Cherchez le poste, l’équipe, le moment de la journée ou la période de l’année où les accidents se concentrent : c’est là que le système est le plus sollicité.
- Remonter de l’événement à la décision. Pour chaque accident, reconstituez ce qui devait se passer et ce qui s’est passé, par exemple avec la méthode de l’arbre des causes, et avec le CSE quand l’accident est grave. Puis demandez quelle décision, sur la charge, le délai, l’effectif ou la consigne, n’est pas arrivée jusqu’au poste.
- Repérer ce qui ne tient que par compensation. Listez les protections prévues dans votre document unique qui ne fonctionnent que parce que quelqu’un y veille en plus de son travail. Ce sont elles qui risquent de céder au prochain pic d’activité.
- Ajuster à ce que l’organisation peut tenir. La réponse se trouve rarement au seul poste de travail : elle se trouve dans l’arbitrage qui a créé la surcharge. Parfois il faut réorganiser ; parfois il faut demander moins, ou plus tard. Puis vérifiez que la mesure tient seule, sans quelqu’un pour compenser à sa place.
Par où commencer cette semaine : reprenez les trois derniers accidents avec arrêt, une heure chacun avec l’équipe concernée, et notez pour chacun la décision qui n’est pas arrivée jusqu’au poste.
Ce travail est le cœur de la méthode COBEL. Si vous voulez le faire sur vos propres chiffres, échangez 45 minutes avec nous : c’est un point sur votre situation, pas une présentation commerciale.
À retenir : le taux de fréquence compte les accidents avec arrêt par million d’heures, le taux de gravité les jours d’arrêt pour 1 000 heures. Calculez-les sur 12 mois glissants avec les heures réellement travaillées, comparez-vous d’abord à votre secteur, lisez-les ensemble, et ne concluez pas sur une variation que le hasard suffit à expliquer.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le taux de fréquence TF1 ?
C’est le taux de fréquence calculé sur les seuls accidents avec arrêt : nombre d’accidents avec arrêt × 1 000 000 ÷ heures travaillées. C’est lui qui se compare au repère national, 16,0 en 2024.
Qu’est-ce que le taux de fréquence 2 ?
Le TF2 ajoute au TF1 les accidents sans arrêt. C’est une convention interne, pas une définition officielle : l’écart entre TF1 et TF2 montre combien d’accidents n’ont pas donné lieu à un arrêt.
Comment calculer le taux de fréquence (TF) et le taux de gravité (TG) ?
Taux de fréquence : accidents avec arrêt × 1 000 000 ÷ heures travaillées. Taux de gravité : journées d’arrêt × 1 000 ÷ heures travaillées. Utilisez les heures réellement travaillées et la même période pour le numérateur et le dénominateur.
Quel est le taux de fréquence des accidents du travail par secteur ?
En 2024, il va de 4,9 dans le CTN H (services I) à 25,1 dans le BTP, pour une moyenne de 16,0 sur l’ensemble des secteurs. Le tableau de cette page donne les neuf secteurs, d’après l’Assurance Maladie.
Où trouver le taux de fréquence et le taux de gravité ?
Les valeurs nationales et par secteur sont publiées chaque année dans le rapport des risques professionnels de l’Assurance Maladie. Les vôtres se calculent à partir de vos heures travaillées et de vos accidents : l’outil de cette page le fait pour vous.
Comment se calcule le taux AT ?
Le « taux AT » désigne souvent le taux de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles, qui n’est pas le taux de fréquence. Il est fixé par la Carsat selon la taille de l’entreprise : taux collectif en dessous de 20 salariés, taux mixte de 20 à 149, taux individuel à partir de 150, calculé sur la sinistralité propre de l’entreprise.
Quel taux de fréquence faut-il pour un audit MASE ?
Aucun. Le référentiel MASE 2024 ne fixe pas de seuil : c’est l’entreprise qui choisit ses indicateurs et ses objectifs, et l’audit évalue leur pertinence et leur suivi. Le taux de fréquence et le taux de gravité y figurent parmi les exemples d’indicateurs.
Où trouver le taux de fréquence de mon code NAF ?
Dans les fiches de sinistralité par activité publiées par l’Assurance Maladie, qui détaillent les valeurs au-delà des neuf grands secteurs. Utilisez les mêmes définitions pour votre propre calcul, sinon la comparaison n’a pas de sens.
En résumé
Le taux de fréquence et le taux de gravité se calculent en quelques secondes, mais se lisent mal isolément. Sur 12 mois glissants, avec les heures réellement travaillées, croisés entre eux et comparés à votre secteur, ils donnent une image fidèle des conséquences. Ils ne disent pas si vos protections tiennent : c’est ce qu’il faut vérifier ensuite.
Passer à l’action
- Relier chaque accident à ce qui a cessé de tenir : COBEL SST.
- Faire le point en sept questions : le diagnostic.
- Parler de vos chiffres, sans engagement : échangez 45 minutes avec nous, un point sur votre situation et non une présentation commerciale.
Sources
- Assurance Maladie, Rapport annuel 2024 — Risques professionnels, éléments statistiques et financiers, 18 novembre 2025 : définitions p. 10 ; indice de fréquence, tableau 2, p. 11 ; valeurs par secteur, tableau 8, p. 22. Page du rapport.
- Assurance Maladie, fiches de sinistralité par secteur d’activité, 2010 à 2024. Consulter les fiches.
- Code du travail, article R2312-9, base de données économiques, sociales et environnementales. Lire l’article.
- MASE, Référentiel MASE 2024, axe 1, § 1.4, p. 20-21, et axe 4, § 4.1. Consulter le référentiel.
- Assurance Maladie, calcul du taux de cotisation AT/MP selon la taille de l’entreprise : moins de 20 salariés, de 20 à 149 salariés, 150 salariés et plus.
- U.S. Bureau of Labor Statistics, How To Compute Your Firm’s Incidence Rate for Safety Management : base de 200 000 heures. Lire la page.
Rédigé par Guillaume Comte, cofondateur de COBEL®. Mis à jour le 29 septembre 2026.