Coûts indirects des accidents du travail : ce que dit la littérature

Il n’existe pas de ratio universel entre coûts indirects et coûts directs d’un accident du travail. Les valeurs publiées vont de moins de 1 pour 1 à 20 pour 1, selon les accidents étudiés, l’époque et surtout la définition du coût direct. La revue de littérature de référence en français, publiée par l’IRSST en 2011, conclut qu’il vaut mieux mesurer poste par poste que d’appliquer un ratio.

Les principaux ratios publiés

Source Ratio indirect / direct Ce qu’il faut savoir
Heinrich (1931) 4 pour 1 Fondé sur des accidents sans perte de temps, sans analyse de variance. Heinrich écrivait lui-même que le ratio devait varier.
Brody et coll. (1990) 0,59 à 1,3 ; moyenne 0,83 311 accidents avec arrêt, 151 établissements québécois de 100 salariés et plus, 13 secteurs, modèle économétrique.
Dorman (2000) De 1 pour 1 à 20 pour 1 Autrement dit : pas de ratio unique.

Source des trois lignes : Lebeau et Duguay, Les coûts des lésions professionnelles : une revue de littérature, IRSST, rapport R-676, 2011, chapitre 6. La revue recense 40 études.

Pourquoi les ratios divergent autant

  1. Les accidents étudiés : Heinrich retient des accidents sans arrêt, Brody des accidents avec arrêt. Plus l’accident est grave, plus le coût direct est élevé, et plus le ratio baisse.
  2. L’époque : les indemnisations de 1931 étaient bien plus faibles qu’aujourd’hui.
  3. La définition du coût direct : indemnités et frais médicaux chez Heinrich, cotisations versées à l’organisme d’assurance dans les études québécoises. Il n’y a pas de consensus sur ce qui est direct et ce qui est indirect, et un poste classé direct dans une étude est indirect dans une autre.

Ce que recouvrent les coûts indirects

  • Le temps des collègues : secours, arrêt du travail, discussion.
  • Le temps de l’encadrement : prise en charge, déclaration, enquête, analyse.
  • Le remplacement : recrutement, intérim, formation du remplaçant, heures supplémentaires.
  • La production perdue, les retards, les pénalités.
  • Les dommages matériels, le nettoyage, les réparations.
  • L’effet sur les autres : climat, confiance, image.

Et la pyramide de Heinrich ?

Heinrich a aussi proposé la proportion 1 accident grave pour 29 accidents mineurs et 300 incidents sans blessure. C’est une illustration utile de l’importance des presque-accidents, pas une loi mesurée à reproduire telle quelle.

Comment mesurer vos coûts indirects

Plutôt qu’un ratio emprunté, listez les postes ci-dessus et chiffrez-les sur vos accidents récents : minutes passées, personnes mobilisées, coût horaire chargé. Le résultat vous appartient et personne ne peut le contester. Le calculateur COBEL propose trois repères (0,83, 4 et 20) et vous laisse choisir. Calculer avec vos chiffres · Le coût réel d’un accident du travail.

Questions fréquentes

Quels sont les coûts indirects d’un accident du travail ?

Tout ce que l’accident coûte hors cotisation et indemnisation : temps des collègues et de l’encadrement, remplacement, production perdue, dommages, effets sur le climat.

Quel est le ratio entre coûts directs et indirects ?

Il n’y en a pas d’universel. Les études publiées vont de 0,83 (Brody, 1990) à 4 (Heinrich, 1931) et jusqu’à 20 (Dorman, 2000).

L’iceberg des coûts est-il fiable ?

Comme image, oui : la partie cachée existe. Comme chiffre, non : sa taille dépend de l’accident et de la définition retenue.

Sources

  • Lebeau M., Duguay P. (2011), Les coûts des lésions professionnelles : une revue de littérature, IRSST, rapport R-676, pharesst.irsst.qc.ca.
  • Heinrich H. W. (1931), Industrial Accident Prevention, McGraw-Hill.
  • Brody B. et coll. (1990) et Dorman P. (2000), cités dans R-676.

Mis à jour le 21 septembre 2026 par Guillaume Comte, COBEL®.