Impact de l’IA sur l’emploi : ce qui change, métier par métier
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L’impact de l’IA sur l’emploi passe d’abord par les tâches, pas par les postes. En France, 16 % des tâches seraient exposées à l’IA (Observatoire des emplois menacés et émergents et Coface, avril 2026). Aux États-Unis, là où l’usage réel est mesuré, l’IA touche en moyenne 14 % du travail des métiers (Anthropic, 2026). À la date d’aujourd’hui, l’IA sait déjà intervenir sur la quasi-totalité du temps de la plupart des métiers de bureau, bien au-delà de ce qui est réellement fait ; les métiers de terrain sont exposés aux robots plus qu’à l’IA, et l’effet net sur l’emploi reste incertain (Direction générale du Trésor, juin 2026). Pour une entreprise, quelle que soit sa taille, la question utile n’est pas « combien de postes vont disparaître », mais « que fera la direction du temps libéré, et comment le décider avec les équipes et leurs représentants ».
L’impact de l’IA sur l’emploi est devenu une question de direction, dans une PME comme dans un grand groupe : vos équipes utilisent déjà des assistants, vos logiciels ajoutent des fonctions automatiques, et les annonces se contredisent. Les listes de métiers menacés par l’IA circulent, souvent sans source. Cet article fait le point sur ce que disent les données en 2026, en France et aux États-Unis, puis descend au niveau qui compte pour vous : les tâches de 58 métiers, des fonctions de l’entreprise (service client, finance, RH, production, QHSE) aux métiers des principaux secteurs de PME (avocat, géomètre, agences de communication et web, événementiel, commerce, restauration, bâtiment, transport, artisanat, soins), classées en cinq statuts (disparition, inchangée, augmentée, automatisée, nouvelle). Vous y trouverez aussi les trois scénarios publiés pour 2030, ce qu’ils changent pour les métiers d’avenir 2030, les angles que la seule productivité laisse de côté (prévention, protection des personnes, formation, talents, dialogue social), et les décisions qu’une direction peut prendre dès maintenant sur l’IA et l’emploi, avec ses élus.
Impact de l’IA sur l’emploi : ce que disent les chiffres en 2026
Quatre sources donnent une base solide, à condition de bien distinguer ce qu’elles mesurent.
- Ce que l’IA pourrait faire, en France. Dans leur étude d’avril 2026, l’Observatoire des emplois menacés et émergents et Coface estiment que 5 millions d’emplois sont potentiellement concernés, que 16 % des tâches sont exposées, et que 120 métiers ont plus de 30 % de leurs tâches exposées. Les familles les plus exposées sont les ingénieurs (29 % des tâches), le juridique, la finance et la création (27 %), l’encadrement et l’administratif (24 %). Les moins exposées : l’hôtellerie-restauration (8 %), les services à la personne (10 %), le BTP (12 %), la santé (13 %), le transport (15 %). L’étude insiste : il s’agit d’une exposition des tâches, pas de leur destruction.
- Ce que l’IA fait déjà, aux États-Unis. Anthropic mesure l’« exposition observée » : la part du temps de travail d’un métier consacrée à des tâches sur lesquelles son assistant Claude est réellement utilisé pour le travail. Elle atteint 0,70 pour les conseillers du service client, 0,65 pour les chargés marketing, 0,63 pour les commerciaux sédentaires, mais 0,08 pour les ingénieurs mécaniques et 0,04 pour les ingénieurs méthodes.
- Ce que l’IA sait faire, tâche par tâche. Une équipe de chercheurs d’OpenAI et de l’université de Pennsylvanie a évalué, pour chaque tâche des métiers américains, si un modèle de langage avec des outils courants permet de la faire nettement plus vite à qualité égale (Eloundou et al., Science, 2024). Cette évaluation, prudente au regard des modèles de 2026, montre que la plupart des tâches de bureau sont à sa portée.
- Ce que l’on sait de l’effet net. Pour la Direction générale du Trésor, l’effet net agrégé reste incertain. Les premières suppressions attribuées à l’IA touchent les secteurs les plus exposés, comme la finance et l’informatique, et l’insertion des jeunes semble ralentir, sans lien de cause établi avec l’IA.
L’écart entre les deux premières sources est instructif. Les ingénieurs sont la famille la plus exposée en théorie, et l’une des moins touchées en pratique : leur travail dépend de données, de plans et de responsabilités que les outils ne remplacent pas encore. L’exposition et la capacité disent ce qui est possible ; l’usage dit ce qui se passe. L’écart entre les deux ne tient pas à la technique : il tient aux décisions d’organisation. Une entreprise a besoin des deux mesures.
Augmentée, automatisée, inchangée : lire l’impact tâche par tâche
Un métier est un ensemble de tâches. Anthropic décrit quatre évolutions possibles pour chacune : rester inchangée, être augmentée (la personne fait avec l’IA), être automatisée (l’IA fait), ou laisser place à des tâches nouvelles. Son exemple est celui de l’infirmière : la toilette reste inchangée, l’aide au diagnostic est augmentée, le relevé des constantes est automatisé, la supervision de l’IA est une tâche nouvelle.
COBEL a appliqué cette grille à 58 métiers, à la date d’octobre 2026 : usage observé par tâche et exposition aux robots (Anthropic), capacité évaluée tâche par tâche (Eloundou et al.), outils déjà en service, en ajoutant un cinquième statut : la disparition, quand une tâche n’a plus lieu d’être parce que l’information circule seule.
Exemple : l’assistant ADV (administration des ventes).
| Tâche | Statut | Ce qui change |
|---|---|---|
| Saisir les commandes reçues | Disparition | La lecture automatique des bons de commande supprime la saisie. |
| Classer les copies de commandes | Disparition | Archivage automatique. |
| Informer les clients des prix, délais et retards | Augmentée | L’outil prépare la réponse, l’assistant la valide. |
| Vérifier les stocks pour la disponibilité des articles | Automatisée | L’outil interroge le stock et répond ; l’assistant traite les cas limites. |
| Contrôler les commandes saisies automatiquement et traiter les exceptions | Nouvelle | Le travail passe de la saisie à la vérification. |
Le poste ne disparaît pas. Il change de nature : moins de saisie, plus de contrôle et de coordination. C’est ce changement-là que l’organisation doit préparer.
Trois scénarios pour 2030
En septembre 2026, Anthropic a publié trois scénarios pour l’économie américaine à l’horizon 2030, établis par Anton Korinek, Chad Jones et leurs coauteurs. Ils ne sont pas des prévisions : ils montrent ce qu’impliquent différentes hypothèses sur les capacités de l’IA et sa diffusion.
| En 2030 | Modeste | Substantiel | Extrême |
|---|---|---|---|
| Part des tâches cognitives touchées par l’IA (0,14 mi-2026) | 0,2 | 0,3 | 0,5 |
| Part de ce travail qui est automatisée (le reste est augmenté) | 50 % | 75 % | 90 % |
| PIB, écart avec une trajectoire sans IA | +1,6 % | +8,3 % | +32,4 % |
| Emploi dans les métiers cognitifs, depuis mi-2026 | −0,5 % | −3,9 % | −21,5 % |
| Chômage des travailleurs cognitifs (2,9 % aujourd’hui) | 2,9 % | 4,5 % | 17,9 % |
| Salaire des autres métiers, écart avec la trajectoire sans IA | +1,1 % | +5,9 % | +33,6 % |
Trois enseignements pour une entreprise française :
- L’augmentation d’aujourd’hui peut devenir l’automatisation de demain. Même le scénario modeste suppose que la moitié du travail fait avec l’IA est automatisé. Un métier « augmenté » en 2026 n’est pas un métier protégé.
- Le mouvement va des métiers de bureau vers les autres. Dans tous les scénarios, l’emploi se déplace des métiers cognitifs vers les métiers physiques et de service, dont les salaires montent. Plus de personnes changeront de poste.
- L’essentiel se joue après 2027. Selon les auteurs, presque tout l’écart entre les scénarios se creuse après 2027. C’est le temps dont dispose une entreprise pour s’organiser.
Appliqués métier par métier (transposition COBEL), ces paramètres donnent un ordre de grandeur. COBEL part de l’usage observé de chaque métier et le fait progresser vers ce que l’IA sait déjà faire, au rythme de chaque scénario. Dans le scénario substantiel, un conseiller du service client, un commercial sédentaire ou un chargé marketing ferait environ 30 % de son travail avec l’IA en 2030, dont les trois quarts automatisés. Un comptable ou une secrétaire médicale serait autour de 23 %, un contrôleur de gestion autour de 15 %, comme un ingénieur bureau d’études. Dans le scénario extrême, la plupart des métiers de bureau approchent 50 %.
La carte IA des métiers : explorez 58 métiers
Choisissez un métier : la carte affiche ce que l’IA et les robots changent dans ses tâches, et ce que cela donnerait en 2030. L’étude complète, avec la lecture terrain et les six angles de chaque métier, vous est envoyée par email.
Explorez l’impact de l’IA sur 58 métiers
Choisissez un métier : ce que l’IA et les robots savent déjà faire dans ses tâches, à la date d’aujourd’hui, et ce que cela donnerait en 2030.
Ce qui change dans ses tâches
En 2030, selon le scénario
Les tâches
, et pour ce métier : les indicateurs à suivre, la question à poser en comité de direction, et les six angles (prévention, protection, emploi, formation, talents, dialogue avec les élus).
Sources : Anthropic Economic Index (licence CC-BY), usage observé de l’IA par tâche et exposition aux robots, 2025-2026 ; Eloundou et al., « GPTs are GPTs », Science, 2024 (capacité évaluée par tâche) ; scénarios de Korinek et al. (Anthropic, 2026). Classement des tâches, traduction et transposition des scénarios : COBEL. Les statuts « disparition » et « nouvelle » sont une lecture COBEL.
L’impact de l’IA sur l’emploi, fonction par fonction
| Fonction | Ce qui disparaît | Ce qui est augmenté ou automatisé | Ce qui apparaît |
|---|---|---|---|
| Relation client, ADV | Saisie des commandes, comptes rendus d’appel, formulaires | Réponses aux clients, réclamations, factures | Supervision des réponses de l’outil, traitement des cas difficiles |
| Commercial, marketing | Peu | Propositions, relances, contenus, recherche sur les prospects | Vérification des chiffres produits par l’outil |
| Finance, contrôle de gestion, juridique | Saisie de factures, classement | Synthèses budgétaires, notes juridiques, interprétation des textes | Contrôle des synthèses et des sources citées par l’IA |
| RH, paie | Peu | Annonces, présélection des candidatures, documents | Décision humaine documentée en recrutement, encadrement des usages |
| Assistanat, management de proximité | Courrier, registres, comptes rendus | Plannings, rapports, réponses aux questions | Arbitrage entre l’équipe et l’outil, accueil des personnes qui changent de poste |
| Bureau d’études, méthodes, supply chain | Peu | Lecture de plans, recommandations, prévisions | Intégration des cobots dans les postes, revue des calculs |
| Production, logistique, maintenance | Peu | Gestes répétitifs, transferts, contrôles visuels, par des robots | Supervision des robots, traitement des anomalies, coactivité |
| Professions juridiques et techniques (avocat, clerc, géomètre, architecte) | Dépôts, saisie des mesures | Recherche juridique, notes, préparation des actes, chiffrages | Vérification des sources et des actes, contrôle des plans produits par les outils |
| Agences de communication, web et événementiel | Saisie de mise en page, prise de rendez-vous | Rédaction, visuels, code, référencement, reporting | Vérification des contenus et des droits, référencement dans les moteurs IA, revue de code |
| Commerce, restauration, bâtiment, transport, artisanat | Saisie des commandes, carnets de bord | Encaissement, mise en rayon, cuisson, transferts, par des robots ; conseil client avec l’IA | Assistance aux caisses automatiques, paramétrage des équipements connectés |
| Soins, secrétariat médical | Saisie des constantes, classement, transmission de documents | Rendez-vous, comptes rendus, formulaires | Vérification des alertes, accueil des situations sensibles |
[Bloc interactif « Explorez les 58 métiers » : choix du métier, répartition des tâches en cinq statuts, scénario 2030 réglable, puis accès au tableau complet et à l’étude PDF contre un email. Maquette 261008.]
Les métiers de bureau : l’IA sait intervenir presque partout, elle n’est pas encore utilisée partout
Sur 41 métiers de bureau et d’études, 32 passent au moins 90 % de leur temps sur des tâches où l’IA sait déjà intervenir. L’usage réel reste pourtant très inégal : 0,70 pour le conseiller client, 0,07 pour le contrôleur de gestion, 0,05 pour le gestionnaire de paie. Et savoir intervenir ne veut pas dire remplacer : sur l’ensemble des métiers, la moitié des tâches existantes sont augmentées, l’IA passe par la personne. C’est une fenêtre : le temps où les équipes peuvent apprendre à travailler avec l’outil, et où la direction peut décider de ce que deviennent les postes.
Les métiers de terrain sont exposés aux robots, pas à l’IA
Caristes, préparateurs de commandes, opérateurs de production, mais aussi cuisiniers, hôtes de caisse, maçons ou conducteurs poids lourd n’ont presque aucune tâche touchée par l’IA générative. En revanche, une grande partie de leurs tâches est faisable par des robots, soit dans un site organisé (entrepôt structuré), soit dans une cellule dédiée, ce qui suppose un investissement. Automatisable ne veut pas dire automatisé : la décision revient à la direction, avec ses effets sur l’emploi, l’ergonomie et la sécurité.
Les agences et les professions de services sont parmi les plus exposées
Le consultant en référencement (indice d’usage 0,65), le développeur web (0,48), le technicien support (0,47), le chargé de communication (0,45) et le graphiste (0,37) sont parmi les métiers où l’IA est déjà le plus utilisée. Le clerc et l’assistant juridique (0,29) suivent. À l’inverse, le géomètre (0,00) et l’architecte (0,08) restent peu touchés dans l’usage réel, alors que l’IA sait déjà traiter une grande partie de leurs calculs, chiffrages et pièces écrites : leur travail reste ancré dans le terrain et la responsabilité qu’ils signent.
Encadrement, prévention et soins absorbent les transitions
Chef d’équipe, aide-soignant : leurs tâches sont presque inchangées. Ce sont pourtant eux qui accueilleront les personnes qui changent de poste, qui géreront la coactivité avec les robots et qui verront les premiers signes de surcharge. Leur charge augmente sans que leur métier change sur le papier.
Le préventeur et le responsable QHSE sont un cas à part. Les données d’Anthropic n’y voient presque aucun usage, parce qu’elles mesurent son assistant généraliste et que ces métiers utilisent des outils spécialisés. Ces outils existent pourtant : dans COBEL App, des agents proposent déjà l’analyse d’un accident du travail et les actions correctives, préparent les animations sécurité, lisent les rapports de vérifications réglementaires ou rédigent la politique QHSE, le préventeur validant chaque proposition. Le métier est donc augmenté plus qu’il n’y paraît, et sa responsabilité de validation grandit.
Métiers menacés par l’IA et métiers d’avenir 2030
Les métiers impactés par l’IA ne sont pas forcément les métiers menacés. Aucune source sérieuse ne publie de liste fiable des « 20 métiers qui vont disparaître ». Les données disent autre chose : ce sont des tâches qui disparaissent, d’abord la ressaisie, le classement, la recopie et la compilation d’informations. Les métiers dont ces tâches occupent une grande part du temps sont les plus fragilisés : aide-comptable, assistant administratif, secrétariat, ADV.
Les métiers qui résistent le mieux combinent trois caractéristiques : une part physique non automatisable (soins, maintenance, interventions en milieu non structuré), une relation humaine forte, et une responsabilité de décision. Les métiers d’avenir 2030 sont moins des métiers nouveaux que des métiers existants enrichis : ceux qui supervisent l’outil, traitent les exceptions, accueillent et forment.
À retenir
- L’IA change des tâches avant de supprimer des postes : 16 % des tâches exposées en France, 14 % du travail réellement touché en moyenne aux États-Unis.
- À la date d’aujourd’hui, l’IA sait intervenir sur l’essentiel du temps de la plupart des métiers de bureau ; l’usage réel suit beaucoup plus lentement, et c’est une décision d’organisation.
- Les métiers de terrain sont exposés aux robots, et c’est un choix d’investissement de la direction.
- La tâche qui disparaît le plus sûrement est la ressaisie d’informations.
- La productivité n’est qu’un angle : prévention, protection des personnes, formation, talents et dialogue social décident de la réussite.
- La décision qui compte : que faire du temps libéré, et comment accompagner les personnes qui changent de poste.
IA et travail : prévention, protection, formation et dialogue avec les élus
Lire l’IA par la seule productivité, c’est oublier ce qui fait réussir ou échouer un déploiement. Pour chacun des 58 métiers, l’étude COBEL traite six angles :
- Prévention : intensification, charge cognitive, interruptions, perte de sens, coactivité avec un robot, nouveaux arrivants. Ces changements sont à reporter au document unique.
- Protection des personnes et des données : données traitées par l’outil, mesure de l’activité, décisions préparées sur une personne, responsabilité de celui qui valide.
- Emploi et parcours : comment le poste évolue et vers quels métiers voisins.
- Formation et compétences : ce qu’il faut apprendre, en situation de travail plutôt qu’en salle.
- Talents : ce que la personne apporte que l’outil n’apporte pas, mobilisé sur la base du volontariat, sans test de personnalité imposé.
- Dialogue social et RSE : ce qu’il faut présenter aux élus avant de déployer, et un indicateur à suivre ensemble.
Le dialogue avec les élus n’est pas une formalité. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, des juges ont suspendu des outils d’IA déployés sans consultation du CSE, jusqu’à la fin de celle-ci : le tribunal judiciaire de Créteil en juillet 2025, puis la cour d’appel de Paris le 21 mai 2026, pour ChatGPT et un assistant rédactionnel dans des entreprises de presse.
Une démarche en six étapes, avec les élus. 1. Former d’abord les instances, direction et CSE, avec la Fresque IA. 2. Construire la carte des tâches avec des salariés du métier et des élus, et choisir les cas d’usage. 3. Concevoir le déploiement (outils, agents, règle de validation humaine) et en évaluer les effets (document unique, données). 4. Informer et consulter le CSE avant l’usage réel, pilote compris. 5. Déployer et accompagner : pilote, formation en situation de travail, accueil au poste, mesure de la performance. 6. Faire un point paritaire à six mois.
Ce qu’une direction peut décider maintenant
COBEL recommande six décisions, dans cet ordre :
- Fixer le cap avant l’outil : ce que l’IA doit servir (qualité, délais, sécurité, service) et ce que deviendra le temps libéré, écrit et partagé avant le premier achat.
- Former ensemble avant de choisir : direction, managers et représentants découvrent ensemble ce que l’IA sait faire et ne sait pas faire. On décide mieux en mode adaptatif, curieux et nuancé, qu’en mode automatique, sur ses habitudes.
- Partir des tâches, avec ceux qui les font : parler de tâches plutôt que de postes baisse la tension et fait remonter ce que l’outil ne voit pas.
- Évaluer avec les neuf principes généraux de prévention, dans leur ordre, et associer les représentants du personnel avant le pilote.
- Déployer par petits pas et accompagner : pilote, formation en situation de travail, managers préparés à reconnaître les réactions au changement.
- Mesurer à six mois, performance et santé dans le même tableau.
COBEL s’appuie notamment sur le cadre de politique économique d’Anthropic (juin 2026), qui recommande aussi aux entreprises de décider à l’avance de l’usage du temps libéré plutôt que de réduire les effectifs par défaut. Le même document note qu’aux États-Unis les débutants des métiers les plus exposés ont déjà connu une croissance de l’emploi plus faible ces dernières années.
En France, le sujet « IA et travail » n’attend pas de nouvelle loi : plusieurs obligations encadrent déjà ces gestes.
- Le CSE est consulté, dans les entreprises d’au moins 50 salariés, sur l’introduction de nouvelles technologies qui changent les conditions de travail (Code du travail, article L2312-8), et informé et consulté avant tout moyen de contrôle de l’activité des salariés (article L2312-38). Entre 11 et 49 salariés, le CSE contribue à promouvoir la santé, la sécurité et les conditions de travail (article L2312-5) : l’associer reste la voie la plus sûre.
- Le document unique est mis à jour lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail (article R4121-2).
- L’employeur adapte les salariés à l’évolution de leur emploi, notamment au regard de l’évolution des technologies (article L6321-1).
- Un changement de poste ouvre droit à une formation à la sécurité (article L4141-2). L’enjeu est réel : selon l’INRS, l’indice de fréquence des accidents des nouveaux embauchés est multiplié par deux à trois le premier mois. Une personne qui change de métier se retrouve, à bien des égards, en situation de nouvel arrivant.
Exemple (fictif) : une entreprise industrielle de 400 salariés. Son service client de 12 personnes utilise un assistant pour les réponses courantes, et son entrepôt étudie des chariots autonomes. Sans décision, le temps gagné au service client se dilue et les caristes apprennent le projet par la rumeur. Avec une décision, la direction affecte le temps gagné au rappel des clients à risque de départ, présente le projet d’entrepôt au CSE, prévoit la formation des caristes à la supervision des engins, et met à jour son document unique avant l’installation. Même technologie, effets opposés sur la performance.
Exemple (fictif) : un cabinet d’avocats de 12 personnes. Les assistants juridiques préparent désormais les premières versions des actes avec un outil d’IA. Sans règle, chacun relit à sa façon et une référence erronée finit dans des conclusions. Avec une règle simple (qui relit quoi, comment on vérifie une source, quelles données ne sortent pas du cabinet), le temps gagné va au suivi des clients, et la responsabilité reste maîtrisée.
Questions fréquentes
Est-ce que l’IA menace les emplois ?
Elle menace d’abord des tâches. L’effet net sur l’emploi reste incertain selon la Direction générale du Trésor (juin 2026). Les scénarios publiés par Anthropic vont d’un effet presque nul à un recul de 21,5 % de l’emploi dans les métiers cognitifs aux États-Unis d’ici 2030, selon la vitesse des progrès et de la diffusion.
Quels sont les métiers les plus impactés par l’IA ?
Parmi les 58 métiers étudiés par COBEL, dans l’usage réel mesuré par Anthropic : le service client, le marketing et le référencement, la vente sédentaire, le développement web, le support informatique, la communication et l’assistanat. En exposition théorique, l’étude OEM-Coface place en tête les ingénieurs, le juridique, la finance et la création.
Quels métiers vont disparaître avec l’IA ?
Aucune source fiable ne permet de dresser une telle liste. Les données montrent la disparition de tâches (ressaisie, classement, recopie, compilation), qui fragilise surtout les métiers où ces tâches dominent : aide-comptable, assistant administratif, secrétariat, administration des ventes.
Quels sont les 3 métiers qui survivront à l’IA ?
Il n’y a pas de liste de trois métiers. Ceux qui résistent le mieux combinent un travail physique en milieu non structuré, une relation humaine forte et une responsabilité de décision : soignants, techniciens de maintenance, encadrants de proximité en sont des exemples.
Faut-il consulter le CSE avant de déployer l’IA ?
Oui, dans les entreprises d’au moins 50 salariés, dès lors que l’outil change les conditions de travail : c’est l’introduction d’une nouvelle technologie (article L2312-8), et des juges ont suspendu des outils déployés sans consultation. Le pilote est déjà un usage réel. Le CSE peut recourir à un expert (article L2315-94).
Quel est l’impact de l’IA sur le recrutement ?
Les annonces, la présélection des candidatures et la planification des entretiens sont augmentées. Les systèmes d’IA utilisés pour recruter sont classés à haut risque par le règlement européen sur l’IA, avec des obligations reportées au 2 décembre 2027, et, dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE doit être informé des méthodes de recrutement (article L2312-38).
En résumé
L’impact de l’IA sur l’emploi se lit tâche par tâche : disparition de la ressaisie, augmentation des métiers de bureau, robots sur le terrain, tâches nouvelles de contrôle et d’accueil. Les scénarios pour 2030 laissent jusqu’à 2027 environ pour s’organiser. Pour une entreprise, l’enjeu n’est pas de prédire le nombre de postes, mais de décider de l’usage du temps libéré et d’accompagner les personnes dont le métier change.
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Pour faire le même travail sur vos propres métiers, avec vos équipes et votre CSE, et relier l’intégration de l’IA à votre performance : COBEL IA : intégrer l’IA sans déstabiliser l’organisation. Pour ouvrir la discussion en comité de direction : la Fresque IA. Ou échangeons 45 minutes sur votre situation.
À lire aussi : l’accueil au poste et le rôle du manager de proximité.
Sources
- Observatoire des emplois menacés et émergents et Coface, étude d’avril 2026, relayée par la CFE-CGC le 13 avril 2026 : « IA et emploi : 5 millions de postes menacés en France ? » ; site de l’observatoire.
- M. Chopard, E. Cotet, T. Gantois et E. Villani, « L’intelligence artificielle, quels effets sur l’emploi ? », Trésor-Éco n° 391, Direction générale du Trésor, 30 juin 2026 : tresor.economie.gouv.fr.
- Maxim Massenkoff et Peter McCrory, « Labor market impacts of AI: a new measure and early evidence », Anthropic, 5 mars 2026 : anthropic.com.
- Anton Korinek, Chad Jones, Szymon Sacher, Tess Cotter et Peter McCrory, « Economic Scenarios for Transformative AI », rapport technique, Anthropic, 2026, tableaux 1 et 3 ; présentation « Scenarios for our Economic Future », septembre 2026 : anthropic.com.
- Anthropic, « Anthropic’s Economic Policy Framework », juin 2026, disponible depuis la même page.
- Tyna Eloundou, Sam Manning, Pamela Mishkin et Daniel Rock, « GPTs are GPTs: Labor market impact potential of LLMs », Science, 2024 ; données publiques.
- TJ Créteil, ordonnance de référé du 15 juillet 2025, n° 25/00851, commentée par CMS Francis Lefebvre (4 septembre 2025) ; cour d’appel de Paris, 21 mai 2026, RG 25/13232 et 25/13234, relatée par ActuIA (19 juin 2026).
- Anthropic Economic Index, jeu de données public (licence CC-BY) : Hugging Face. Classement des tâches, traduction et transposition des scénarios par métier : COBEL.
- INRS, « Nouveaux embauchés : ce qu’il faut retenir » : inrs.fr.
- Code du travail, articles L2312-8, L2312-38, L2312-5, L2315-94, R4121-2, L4141-2 et L6321-1, sur code.travail.gouv.fr.
- Règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle, modifié par le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 : EUR-Lex.
Guillaume Comte, cofondateur de COBEL®. Publié en octobre 2026.